Centre de formation en conduite et en mécanique de véhicules lourds
Ravage
Cette sculpture installation, par ses objets et leur agencement, se veut donc une mise en scène illustrant la rencontre entre un chasseur braconnier, un opérateur de machinerie lourde et un enseignant en métiers.
Le chasseur, plus volubile, commence à raconter des histoires sur les habitudes de vie du chevreuil… Il décrit ses déplacements en famille d’individus sur le territoire, à travers des chemins qu’il ouvre, l’hiver dans la neige et qu’on appelle ravages. Notre homme mime les gestes du mâle qui souffle la neige avec ses bois pour atteindre la nourriture, le lichen. C’est là que le braconnier traque son gibier.
L’opérateur de machinerie, ayant participé à la construction de la majorité des routes secondaires de la région, hoche la tête… Il situe les aires de chasse énoncées en les localisant par rapport à la route : « Sur telle route, après telle courbe, avant telle côte », clame-t-il.
L’enseignant, assis un peu en retrait, semble sceptique quant à la véracité des anecdotes. Il tente de ramener la discussion à un niveau plus scientifique.
Cette sculpture se présente comme une installation. Elle utilise une iconographie populaire figurative : le bois du chevreuil, le godet de grue mécanique, le profil architectural en configuration de panneau routier comme signalétique.
Le bois de chevreuil esquisse une sculpture morphologique, mais traduite en formes industrielles équarries.
Le bâti devient panneau routier absorbant le godet de grue en un profil architectural. Ce panneau pourrait très bien devenir le logo de l’école. La sculpture incarne un animal qui réagit vivement, dans un mouvement de défense, contre quelque chose d’invisible. Les pointes lacèrent le sol. Or, le panache se métamorphose, l’arche centrale évoque une route avec ses courbes, ses pentes, ses côtés. De même que les arches dessinées par les « andouillers » rappellent les viaducs, les ponts, l’ingénierie des méthodes de construction. L’objet semble oublié sur le bas-côté de la route, en attendant d’être réutilisé, comme les divers instruments qui servent à construire les chemins.
Par sa forme et de par sa disposition, la sculpture devient stabile, « exagérément stable » « qui se rattache à la terre », et s’accole à la récupération d’une pancarte de signalisation transformée en maison-godet de grue.
Comme le braconnier qui chasse la nuit avec une lumière aveuglant la bête, la sculpture installation fluorescente apparaîtra la nuit, sous les lumières des phares.