06/03/2008
PASSIONNANTE LA CHIMIE ?

Les sceptiques de l’Esle ont été confondus !

Par Louise Boisvert, Communications

Charny – Refusé dans toutes les universités, Normand Voyer doit à une oreille compatissante, un professeur de l’Université Laval ayant accepté de lui donner sa chance, de pouvoir aujourd’hui poursuivre une brillante carrière de professeur de chimie à l’université et même de remporter beaucoup de succès comme conférencier auprès des élèves de niveaux secondaire, collégial et universitaire. La semaine dernière, à l’École secondaire les Etchemins à Charny, à l’invitation des enseignants de sciences de l’institution, le Dr Voyer présentait La chimie du coup de foudre à tous les élèves de 3e secondaire. Une initiative qui vise à stimuler l’intérêt des jeunes pour les carrières scientifiques en pleine expansion, notamment dans la région.

Directeur du Centre de recherche sur la fonction, la structure et l’ingénierie des protéines, le CREFSIP, et professeur titulaire de chimie organique au Pavillon Vachon de l’Université Laval, le prof Voyer s’est donné comme mission de défaire les mythes et les préjugés faussement véhiculés sur les compétences nécessaires pour envisager la profession de scientifique. « Je vais en péter des balounes ! », prévient-il d’entrée de jeu. D’emblée et sans gêne, le Dr Voyer l’admet : « J’ai poché plusieurs cours lors de mon bac en chimie et mon cheminement a été plutôt… tortueux ». Une feuille de route qui ajoute du poids aux conseils qu’il prodigue à ses jeunes auditeurs : « Suivez votre instinct ! Sachez qu’il n’est pas nécessaire d’être bolé pour réussir en chimie, mais qu’il faut surtout per-sé-vé-rer ».

Moléculaire, ce coup de foudre
De diverses manières, avec humour et souvent même avec une bonne dose d’audace, M. Voyer s’applique à démontrer que la chimie fait partie de la vie quotidienne, qu’elle permet de mieux comprendre le monde et même de pouvoir avoir un impact dessus. « Tout est chimique », soutient-il, exemples à l’appui. Il n’hésite pas à interpeller les élèves en les invitant à donner leur avis en votant à l’aide de petites télécommandes. Ainsi, même si, au contraire de leurs consoeurs, les garçons en étaient majoritairement très peu convaincus, on a pu apprendre que le coup de foudre existe bel et bien et scientifiquement démontrable : il est moléculaire et prend naissance au cerveau. Tant pis pour les sceptiques !

Dans un Québec faisant face à une pénurie de chimistes, la démarche du professeur Voyer est rassurante. En une heure de démonstrations aussi pertinentes que divertissantes, on sort de son exposé converti, voire confondu ! La chimie, c’est simple : c’est la vie et c’est passionnant !